L’AEIP clôture la Communauté de Pratique sur la diplomatie de l’innovation urbaine
La Plateforme Afrique-Europe pour l’innovation (AEIP) a clôturé avec succès sa Communauté de Pratique (CoP) consacrée à la diplomatie urbaine et à l’innovation. Cette série d’événements virtuels, d’une durée de cinq semaines, a été organisée par l’IQIB et l’Association des universités africaines (AAU). Elle a offert un espace dédié et collaboratif aux acteurs de l’innovation urbaine d’Afrique et d’Europe, leur permettant de nouer des liens et d’explorer les liens essentiels entre la diplomatie urbaine et l’innovation.
La CoP a réuni 30 participants actifs représentant 9 pays différents d’Europe, d’Afrique et de régions partenaires, garantissant ainsi un échange mondial équilibré. Parmi ces pays figuraient l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Hongrie, le Danemark, Israël et l’Inde. Ce groupe constituait un échantillon représentatif et équilibré de l’écosystème d’innovation urbaine : des collectivités locales et administrations municipales aux milieux universitaires, en passant par la Société civile, les organisations de la diaspora et le secteur privé. Cette diversité a favorisé la création d’un « Réseau de réseaux » dynamique et intercontinental, dédié à la résolution durable des problèmes urbains.
Les enseignements tirés de la Communauté de Pratique serviront de base à une prochaine note d’orientation visant à soutenir la coopération entre l’UA et l’UE en matière d’innovation urbaine et de diplomatie.
Principales conclusions et points à retenir
Ces échanges et discussions se sont révélés très fructueux et ont permis de dégager plusieurs enseignements clés sur la manière dont les villes peuvent redéfinir l’innovation aux niveaux mondial et local :
- Faire des municipalités des moteurs de l’innovation : Plutôt que de se contenter de réagir aux tendances technologiques commerciales, les collectivités locales devraient jouer un rôle actif dans l’orientation de leurs écosystèmes. Grâce à la diplomatie urbaine, les villes peuvent faire valoir leurs priorités sur la scène internationale et concevoir des solutions qui répondent directement aux besoins de leurs communautés.
- L’importance de la modernisation administrative en tant que condition préalable : la transformation des processus internes du secteur public revêt une importance capitale pour la mise en œuvre, par les villes, d’initiatives à grande échelle dans les domaines du numérique ou de l’environnement. La capacité à concilier efficacement des stratégies d’innovation en constante évolution avec les structures bureaucratiques traditionnelles reste un facteur déterminant pour la réussite des projets.
- Élargir le champ de l’innovation : L’innovation ne se limite pas aux nouveaux outils technologiques, mais englobe également des processus décisionnels équitables. L’intégration des réseaux communautaires informels dans les structures de gouvernance formelles et la valorisation de leur expertise de terrain constituent une innovation fondamentale dans le fonctionnement des villes.
- Apprentissage réciproque Nord-Sud : Pour que les partenariats internationaux soient équitables, il faut s’éloigner des transferts de technologies unilatéraux. Les communes européennes ont tout à gagner à aborder les dialogues mondiaux en tant qu’apprenantes, notamment pour tirer les enseignements des villes africaines en matière de résilience communautaire autonome et de systèmes informels de soutien social.
- Tirer parti des réseaux de la diaspora : les communautés d’expatriés jouent un rôle essentiel de relais dans la coopération urbaine internationale. En comblant les fossés culturels et institutionnels, elles contribuent à acheminer des financements indispensables, à partager un savoir-faire essentiel et à mettre en relation des municipalités confrontées à des défis communs en matière de développement.
- Harmoniser les objectifs urbains et nationaux : les collectivités locales dépendant des gouvernements centraux pour leur financement et leur légitimité juridique, les projets menés de manière isolée se heurtent à des obstacles importants. Les villes peuvent surmonter ces points de friction en reliant explicitement leurs initiatives locales et internationales aux priorités politiques plus larges des gouvernements nationaux. De leur côté, les gouvernements centraux peuvent soutenir les villes grâce à des financements spécifiques et à des programmes de Renforcement des capacités.
Réflexions sur l’évolution de la série
Ce programme de la CoP, d’une durée de cinq semaines, a été conçu comme un parcours d’apprentissage progressif, passant sans transition de la théorie fondamentale à la mise en œuvre très concrète des politiques.
- Définition du contexte de référence (sessions 1 et 2) : La série de rencontres a débuté par une définition du rôle actuel et des potentiels inexploités des villes en tant qu’acteurs de l’innovation et acteurs internationaux. Les participants ont ensuite analysé les principaux facteurs de réussite ainsi que les obstacles notables, notamment les frictions politiques et administratives et l’absence d’engagement ciblé de la Société civile.
- Webinaire sur les bonnes pratiques (sessions 3 et 4) : cette étape clé a permis d’ancrer les discussions théoriques dans la réalité, grâce à des présentations marquantes sur la souveraineté numérique et la transformation de la ville de Berlin, le projet multinational SESA mené par ICLEI Europe, ainsi que les stratégies collaboratives mises en œuvre par la municipalité d’eThekwini à Durban. Ces présentations ont en outre mis en avant des études de cas éloquentes sur l’intégration de la Société civile, démontrant comment des initiatives telles que l’Abuja Urban Lab et des organisations de la diaspora, comme Alefa Diaspora, peuvent servir de ponts diplomatiques pour débloquer des financements transfrontaliers et faciliter le transfert de connaissances.
- Analyses approfondies et limites (sessions 4 et 5) : Au cours de ses dernières phases, la CoP s’est largement concentrée sur les complexités structurelles de la gouvernance à plusieurs niveaux, l’inclusion de la Société civile, ainsi que les risques financiers, politiques et sociaux liés à la coopération transfrontalière. Les participants ont identifié collectivement des solutions politiques concrètes et des stratégies d’atténuation, telles que le recours à des intermédiaires neutres reconnus, la mise en place de cadres d’évaluation clairs et l’établissement de partenariats à long terme juridiquement contraignants.
Prochaines étapes
Les conclusions formulées par ce groupe dédié de professionnels de l’urbanisme ne resteront pas au stade théorique. Les stratégies d’atténuation concrètes et les recommandations abordées lors des dernières séances font actuellement l’objet d’une synthèse dans une note d’orientation exhaustive.
Cette note d’information, qui paraîtra prochainement, fournira aux décideurs politiques de l’UA et de l’UE des orientations claires sur la manière de soutenir, de former et de financer efficacement les initiatives de diplomatie urbaine. Par ailleurs, compte tenu du fort engagement et de l’importance cruciale de ces réseaux transfrontaliers, une phase de planification préliminaire est en cours afin de définir l’axe thématique de la prochaine édition de la CoP, garantissant ainsi la poursuite de ce dialogue essentiel entre l’Afrique et l’Europe.
Participez à la discussion
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